LE SAVIEZ-VOUS?

La citrinine n’est pas un agrume! Par contre, c’est une mycotoxine qui fait partie des sujets émergents.

Si vous souhaitez en savoir plus sur le sujet, alors lisez cet article !

Qu’est-ce que la « Citrinine » ?

La citrinine fait partie des mycotoxines. Il s’agit donc d’une toxine produite par un champignon.

Ce type de mycotoxine est produite par plusieurs espèces de champignons microscopiques appartenant principalement aux genres Penicillium, Aspergillus et Monascus. Elle est considérée comme un contaminant naturel des denrées alimentaires et des aliments pour animaux. La Citrinine est reconnue pour ses effets toxiques, notamment au niveau rénal, ce qui en fait une substance faisant l’objet d’une surveillance particulière par les autorités sanitaires.

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) souligne principalement son caractère néphrotoxique, en raison du risque d’atteinte rénale associé à une exposition chronique.

La principale source d’exposition identifiée est la consommation de levure de riz rouge et de produits dérivés. Cependant, sa présence a également été rapportée dans diverses denrées alimentaires telles que les produits céréaliers, les épices, les fruits et légumes secs ainsi que les fruits à coque.

Citrinine : une mycotoxine encore discrète mais de plus en plus surveillée :

Face aux évolutions climatiques et à l’amélioration constante des connaissances scientifiques, la problématique des mycotoxines est un sujet majeur et omniprésent pour le secteur agroalimentaire.

Parmi elles, la Citrinine, moins connue que les Aflatoxines ou l’Ochratoxine A, et pourtant cette dernière suscite des préoccupations croissantes.

La réglementation européenne ne fixe une teneur maximale que pour une seule catégorie de denrées alimentaires.

Historiquement, la Citrinine a été introduite dans les annexes du Règlement CE n°1881/2006 par le Règlement UE n°212/2014 du 6 mars 2014 avec une teneur maximale de 2000µg/kg dans les compléments alimentaires à base de levure de riz rouge fermentée Monacus purpureus. Puis, la teneur maximale initialement fixée a ensuite été abaissée à 100µg/kg pour cette même catégorie d’aliments par le Règlement UE 2019/1901 du 7 novembre 2019.

Bien que le Règlement CE n°1881/2006 ait été abrogé et remplacé par le Règlement UE 2023/915 du 25 avril 2023, les dispositions relatives à la Citrinine sont restées inchangées et cette valeur de 100µg/kg dans les compléments alimentaires à base de levure de riz rouge fermentée Monacus purpureus reste applicable.

 

Quelles évolutions depuis l’instauration de cette teneur maximale ?

Le 22 février 2017, l’EFSA a publié un nouvel avis scientifique consacré à la génération de données d’occurrence de la Citrinine dans les denrées alimentaires. Cette étude a mis en évidence une contamination notable des compléments alimentaires à base de riz rouge fermenté ainsi que de certaines céréales, notamment le seigle et les farines céréalières.

À l’inverse, aucune présence de Citrinine n’a été détectée dans les jus de fruits ou les légumineuses analysés, ce qui confirme la nécessité d’une vigilance particulière vis-à-vis des produits céréaliers et des compléments alimentaires.

Par ailleurs, l’ouvrage scientifique récent de l’INRAE, Les mycotoxines : connaissances actuelles et futurs enjeux, souligne que la Citrinine est fréquemment produite conjointement avec l’Ochratoxine A. Cette co-occurrence pourrait constituer un enjeu majeur pour les années à venir, notamment dans le cadre des évaluations de risques cumulés.

Les données les plus récentes continuent d’attirer l’attention sur cette mycotoxine. Une étude publiée en 2025 portant sur des denrées commercialisées sur le marché espagnol a recherché la présence de Citrinine dans 70 échantillons alimentaires collectés entre janvier 2024 et janvier 2025. Les résultats montrent que 43 % des échantillons analysés contenaient des niveaux quantifiables de Citrinine, avec des concentrations comprises entre 0,15 µg/kg et 9,5 µg/kg. Bien que ces valeurs restent largement inférieures à la limite réglementaire actuellement applicable aux compléments alimentaires à base de levure de riz rouge (100 µg/kg), elles témoignent d’une présence relativement fréquente de cette mycotoxine dans l’alimentation.

Les catégories les plus concernées étaient :

  • 92 % des fruits secs analysés ;
  • 65 % des épices ;
  • 100 % des compléments alimentaires étudiés.

Ces résultats rappellent que l’absence de dépassement réglementaire ne signifie pas l’absence d’exposition et confirment l’intérêt de poursuivre les programmes de surveillance sur un éventail plus large de denrées alimentaires.

La réglementation à l’égard de la Citrinine va t’elle évoluer ?

L’ensemble de ces éléments illustre que la réglementation relative aux mycotoxines demeure en constante évolution. Les changements climatiques, qui favorisent le développement de certains champignons producteurs de toxines, ainsi que l’amélioration des capacités analytiques conduisent à une meilleure connaissance de la contamination des aliments.

Dans ce contexte, la Citrinine apparaît comme un candidat crédible à un renforcement futur de l’encadrement réglementaire. Déjà réglementée pour les compléments alimentaires à base de levure de riz rouge, elle pourrait prochainement faire l’objet de teneurs maximales spécifiques pour d’autres catégories de denrées, notamment les céréales, les épices ou les fruits secs, dont la contamination est désormais régulièrement documentée.

La surveillance de cette mycotoxine est donc nécessaire de la part des acteurs de l’agroalimentaire, qui devront rester attentifs aux futures évolutions scientifiques et réglementaires.

Comment Couleurs Qualité peut vous accompagner ?

Chez Couleurs Qualité, l’accompagnement ne se limite pas à une lecture de texte réglementaire. L’objectif est clair : vous aider à comprendre la législation et mettre en place des actions appropriées.

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