LE SAVIEZ-VOUS?
Le nickel fait désormais partie des contaminants chimiques strictement encadrés dans les denrées alimentaires au niveau européen. Pour les responsables qualité et sécurité des aliments, c’est un paramètre de plus à intégrer au plan de contrôle… mais pas forcément avec plus de budget.
Dans cet article, je vous explique pourquoi le nickel est sous surveillance, ce que changent les nouveaux textes européens et comment adapter concrètement vos analyses.
Pourquoi le nickel intéresse tant les autorités ?
Le nickel est un composant très répandu de la croûte terrestre. Sa présence dans les aliments peut être :
D’origine naturelle (sols, eau, matières premières),
D’origine anthropique : combustion, activités industrielles, extractions, etc.
Les travaux de l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) ont montré que le nickel peut avoir des effets chroniques (exposition sur le long terme) mais aussi aigus (exposition à court terme).
Il a donc été intégré à la grande famille des « éléments traces métalliques » aux côtés, par exemple, du mercure ou du cadmium. Résultat : l’Union européenne a progressivement renforcé son suivi, puis encadré ses niveaux dans les aliments.
De la surveillance à la fixation de teneurs maximales
Le nickel est apparu pour la première fois dans la réglementation alimentaire européenne en 2016, via la Recommandation UE 2016/1111 du 6 juillet 2016.
Objectif : organiser la surveillance du nickel dans différentes catégories de denrées, notamment :
- Céréales et produits à base de céréales,
- Préparations pour nourrissons et denrées destinées aux enfants en bas âge,
- Légumineuses, fruits à coque, graines oléagineuses,
- Lait et produits laitiers,
- Boissons alcoolisées et non alcoolisées,
- Sucre, confiseries (y compris cacao et chocolat),
- Fruits, légumes, champignons,
- Feuilles de thé séchées et autres plantes pour infusions,
- Mollusques bivalves,
- Compléments alimentaires
Cette recommandation a été prolongée et renforcée par :
- La Recommandation UE 2024/907 du 22 mars 2024, pour la surveillance sur 2025–2027,
- Le Règlement UE 2024/1987 du 30 juillet 2024, qui crée une section dédiée au nickel dans le Règlement UE 2023/915 du 25 avril 2023 sur les teneurs maximales de contaminants dans les denrées alimentaires.
Nouvelles teneurs maximales en nickel : quelles denrées sont concernées ?
Le Règlement UE 2024/1987, entré en vigueur le 1er juillet 2025, modifie le Règlement UE 2023/915 et ajoute des teneurs maximales en nickel pour plusieurs catégories de denrées, notamment :
- Fruits à coques,
- Arachides,
- Jus de fruits,
- Légumes,
- Légumineuses,
- Herbes fraîches,
- Algues,
- Graines oléagineuses,
- Céréales,
- Produits à base de cacao et de chocolat,
- Baby food, préparations de suite et denrées destinées à des fins médicales spéciales pour nourrissons et jeunes enfants.
Il est important de retenir que la liste pourra évoluer dans les prochaines années, en fonction des résultats analytiques observés sur d’autres matrices. D’où l’intérêt de suivre régulièrement les mises à jour réglementaires.
Mesures transitoires : que faire des produits déjà sur le marché ?
Même si le texte s’applique au 1er juillet 2025, des mesures transitoires ont été prévues :
- Les denrées légalement mises sur le marché avant le 1er juillet 2025 peuvent continuer à être commercialisées jusqu’à leur DDM ou DLC.
- Exception pour les céréales (catégories 3.6.11.1 à 3.6.11.5) : la commercialisation est possible jusqu’au 1er juillet 2026, ce qui laisse un peu plus de temps pour adapter les filières céréalières.
Pour un responsable qualité, l’enjeu est de vérifier la conformité des lots récents et de planifier les analyses afin d’éviter les non-conformités lors de contrôles officiels ou d’audits clients.
L’eau : un vecteur de nickel trop souvent sous-estimé
Le nickel ne vient pas seulement des matières premières.
L’eau utilisée dans votre atelier peut aussi être une source de contamination (Nettoyage/désinfection, utilisation dans le process, vapeur, etc..).
En France, la qualité de l’eau des réseaux de distribution doit être conforme aux exigences de l’arrêté du 11 janvier 2007 relatif aux limites et références de qualité des eaux brutes et des eaux destinées à la consommation humaine. Ce texte fixe notamment des limites pour :
- L’arsenic,
- Le cadmium,
- Le cuivre,
- Le mercure,
- Le nickel,
- Le plomb
Pour le nickel, la limite de qualité est fixée à 20 µg/kg.
Il est donc souvent nécessaire d’augmenter la fréquence des analyses par rapport à la simple « analyse semestrielle » parfois recommandée par défaut, afin de refléter la réalité de son utilisation sur site.
Comment adapter votre analyse de risques autour du nickel ?
Concrètement, pour intégrer le nickel dans votre système de management de la sécurité des aliments, vous pouvez :
- Mettre à jour votre analyse de dangers,
- Identifier les matières premières et procédés les plus concernés (céréales, baby food, cacao, légumineuses, etc.),
- Revoir les scénarios d’exposition en fonction de vos consommateurs cibles (nourrissons, enfants, grand public),
- Prioriser les matrices à risque ou à fort volume,
- Réviser votre plan de contrôle,
- Justifier vos décisions dans l’analyse de risques
- Suivre les évolutions réglementaires afin de rester cohérent et efficace
Comment Couleurs Qualité peut vous accompagner ?
Je peux vous aider à simplifier tout ce travail réglementaire autour du nickel et des autres contaminants chimiques :
- Accompagnement personnalisé : je vous accompagne pour adapter votre analyse de risques et votre plan de contrôle aux nouvelles exigences (nickel, métaux lourds, autres contaminants).
- Atelier pratique : si vous préférez un format plus collectif (mais toujours très concret), vous pouvez participer à mon atelier « Comment faire de meilleures analyses avec le même budget? ».
L’objectif : optimiser vos analyses, rester conforme à la réglementation et maîtriser votre budget labo sans sacrifier la sécurité des aliments.


