Le saviez-vous? Clean Label

Avoir un projet Clean Label, c’est bien. Mais pour autant nous ne pouvons pas toujours échapper à la législation sur les additifs alimentaires!

Petite explication.

 

Qu’est ce que le Clean Label?

Selon une étude Food IFOP Nestlé réalisée en 2020, 91% des Français considèrent la composition des produits comme un critère de choix important dans leurs achats alimentaires.

Le Clean Label est une démarche volontaire revendiquée par des industriels de l’agro-alimentaire qui veulent proposer des produits sains et éco-responsables.

Cette notion est née avec la volonté de proposer des aliments exempts d’additifs artificiels, dont la nocivité a été scientifiquement prouvée pour certains d’entre eux. Ce concept s’est depuis élargi. Il est utilisé par les industriels qui s’engagent à retirer de leur liste d’ingrédients tout élément potentiellement néfaste (ou à connotation négative) pour les consommateurs, tels que les OGM, les pesticides, les polluants ou bien encore les nanoparticules.

A noter que cette désignation n’est pas encadrée par la législation.

 

Clean Label et substitution des additifs

La démarche Clean Label consiste donc à substituer un additif alimentaire par un ingrédient naturel qui a des propriétés similaires…. Mais j’attire l’attention sur les exigences définies dans le Règlement CE n°1333/2008 du 16 décembre 2008.

Définition d’un additif alimentaire (Article 3) : « on entend par « additif alimentaire » toute substance habituellement non consommée comme aliment en soi et non utilisée comme ingrédient caractéristique dans l’alimentation, possédant ou non une valeur nutritive, et dont l’adjonction intentionnelle aux denrées alimentaires, dans un but technologique, au stade de leur fabrication, transformation, préparation, traitement, conditionnement, transport ou entreposage a pour effet, ou peut raisonnablement être estimée avoir pour effet, qu’elle devient elle-même ou que ses dérivés deviennent, directement ou indirectement, un composant de ces denrées alimentaires. Ne sont pas considérés comme additifs alimentaires: […] ii) les denrées alimentaires, séchées ou concentrées, y compris les arômes entrant dans la fabrication de denrées alimentaires composées, utilisées en raison de leurs propriétés aromatiques, sapides ou nutritives, tout en ayant un effet colorant secondaire; […]

Cette définition montre bien que tout ingrédient habituellement non consommé en l’état est donc un additif même s’il ne porte pas l’identification « E… ».

Exemple n°1 : L’utilisation de citron dans une recette Clean Label n’est pas à considérer comme un additif car le citron est habituellement consommé en l’état. Par contre, la poudre d’acérola utilisée en Clean Label pour ses propriétés antioxydantes n’est pas un ingrédient habituellement consommé en l’état, et par conséquent il est à considérer comme un additif alimentaire.

Exemple n°2 : L’utilisation de poudre de curry dans une recette Clean Label n’est pas à considérer comme un colorant (et donc un additif alimentaire) car il a un effet colorant secondaire. Par contre, la poudre de betterave est utilisée dans un but de coloration et non pour sa flaveur… Par conséquent elle est à prendre en compte comme un colorant et donc un additif alimentaire.

 

Comment étiqueter ces « Additifs Clean Label »?

Le Règlement UE n°1169/2011 du 25 octobre 2011 (Règlement « INCO »), encadre les exigences européennes en matière d’étiquetage des produits préemballés.

Ainsi, au niveau de l’article 18, nous retrouvons les exigences en ce qui concerne la liste des ingrédients :

« La liste des ingrédients est assortie d’un intitulé ou précédée d’une mention appropriée « ingrédients » ou comportant ce terme. Elle comprend tous les ingrédients de la denrée alimentaire, dans l’ordre décroissant de leur importance pondérale au moment de leur mise en œuvre dans la fabrication de la denrée. »

D’autre part, l’annexe VII, Partie C, de ce même Règlement parle des ingrédients désignés par le nom de leur catégorie suivi de leur nom spécifique ou de leur numéro E… ce qui nous ramère donc aux « additifs alimentaires » (colorants inclus). Il est précisé que ces derniers sont obligatoirement désignés par le nom de cette catégorie, suivi de leur nom spécifique ou, le cas échéant, de leur numéro E.

Les catégories sont au nombre de 24 et toutes listées dans l’annexe (on y retrouve entre autres : acidifiant, correcteur d’acidité, colorant, émulsifiant…)

Ainsi, si je reprends mes exemples cela donne les étiquetages suivants au niveau de la liste des ingrédients :

Antioxydant : Poudre d’acérola

Colorant : Poudre de betterave

Et donc, le jus de citron et la poudre de curry sont à étiqueter comme un ingrédient quelconque sans tenir compte de cette Annexe VII Partie C du Règlement INCO.

Il serait donc temps de relire vos étiquettes pour se remettre en conformité!

 

Vous l’aurez compris, la Règlementation, ce n’est pas simple!

Et n’oubliez pas que les ateliers Couleurs Qualité sont aussi là pour aborder tous ces « Mélis-Mélos »!

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